Un commentaire avant d'aller dormir

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Aucune femme n’est
une pute,
et c’est bien ce qui me préoccupe.
Pas même les putes.
Aucune.
Pavarotti est mort, restent
Castro et le petit-neveu
de Bush, moi-même
je suis une belle pute
devant des auditoires qui ne
comprennent rien et qui sourient, mais
il n’y a aucune femme au club,
aucune.
Aucune femme n’est une pute, et ça,
ça me préoccupe sérieusement.
Les politiciens ont raison, les
mères ont raison, les aveugles,
les étudiants, les
violeurs ont raison, ils sont tous
pleins de bonnes raisons de
ne pas être réceptifs à la mienne, celle qui
me trouble tellement la nuit.
Les rues regorgent
d’aliénés, les maisons de santé
n’ont plus rien pour remplir leurs dents creuses
depuis des lustres, les cervelles vermoulues
et purulentes des
jeunes du quartier
fleurissent à travers leurs
oreilles comme
un bijou fétide, c’est Mishima qui répond
à S.O.S.-Suicide,
c’est même possible que le Christ
revienne ces jours-ci
drapé dans son délire et sa
gueule de bois, et si on en
est arrivé là,
c’est uniquement parce que depuis des siècles
aucune femme n’est une pute.

Ne crie pas. Ne nie pas, ne sue pas.
Je te demande d’y réfléchir.
Tu imagines ?
un monde rempli de femmes
qui aimeraient d’un amour inutile les
inutiles.

C’est si simple que ça fait de la peine.
Ou que ça donne envie de tuer.
C’est si banal que ça ne fait même pas envie.

Naître, c’est déjà arriver trop tard.

A demain.