Ces putains de coliques françaises

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Je ne sais pas ce qu’aurait fait le grand Didelaine
assis au terminal des autocars
une nuit comme celle-ci.
Je ne sais pas si le grand Flauzac se serait demandé
pourquoi le son de la mer
à dix blocks de distance
n’arrive pas jusqu’ici
rebondissant comme un ivrogne contre
les murs des bâtiments décrépis.
Je ne sais pas si le grand Verbeige
aurait séduit le gars des bagages
échangeant sa petite monnaie contre des tickets, une

bière et une caresse à une heure du matin,
un mardi comme aujourd’hui.
Ce que je sais, par contre, c’est que toi
(petite oh petite aux yeux blonds petite sans prénom)
tu n’imagineras jamais les
putains de coliques françaises que j’ai dans la tête,
et qui forment pourtant l’appât de l’hameçon
vert et lointain qui te lance en direction
de mon regard.
Le vieux loup des stations terminales
décharge son esprit indéchiffrable par les yeux,
et tu ne peux résister au mystère
(ah petite petite à la peau céleste sans prénom petite)
et le monde se limite à ces quatre lumières
mourantes, à ces
deux bus qui pourraient être de Liège
ou bien d’une autre ville que
tu ne connais pas davantage.
Tout,
tout te ramène vers mes yeux,
et ce n’est pas injuste parce que cet
esprit et ses gaz
c’est tout ce qu’il me reste pour être en équilibre, tout ce que j’ai à opposer à tes jambes, à ton âge et à ta douce écume
(petite sans prénom oh sans prénom petite et puis soudain
 
salut Laura
).
 

 

Mar del Plata, 2007

 

 

 

 

 

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